l\'indigné

"Un smog qui vaut de l'or"

 

 


 

 

André Gorz

 

La sortie du capitalisme a déjà commencé

Version en ligne sur le site d’ÉcoRev

et publiée dans Écologica (Galilée, 2008)

 

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

 

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

 

C’est l’exemple non pas d’une dérive d’un homme, mais d’un système. La crise des subprime a révélé le scandale, lorsque l’appât du gain de ces clients ( banques et clients) en cherchant a retirer leurs sous, ont eu des pertes

 

 

On a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, l’opacité et le manque de contrôle de l’industrie financière – en particulier des hedge funds –, la menace de dépression, voire d’effondrement qui pèse sur l’économie mondiale n’est pas due au manque de contrôle ; elle est due à l’incapacité du capitalisme de se reproduire. Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires. Prétendre redistribuer par voie d’imposition les plus-values fictives des bulles précipiterait cela même que l’industrie financière cherche à éviter : la dévalorisation de masses gigantesque d’actifs financiers et la faillite du système bancaire.

 

Comprendre le capitalisme japonais : citoyen actif : "

Résumé : En trente années de politiques néolibérales, le Japon est devenu l'un des pays les plus inégalitaires de l'OCDE. La publication du livre de Sébastien Lechevalier, "La grande transformation du capitalisme japonais" , arrive à point nommé pour éclairer une zone d'ombre de l'histoire récente du Japon mais aussi pour donner des clés de compréhension à la crise du capitalisme en cours depuis 2007

 

Comprendre le capitalisme japonais - Le Japon à l'envers

   : Le Japon est aujourd'hui très connu en France, à travers sa culture populaire - manga, animé - et sa cuisine. Mais que sait-on au juste de cette "face cachée de la lune", située quelque part entre l'extrême-orient et l'extrême-occident ? Au-delà des clichés, ce blog apporte un éclairage sur quelques aspects méconnus de la société, de la vie politique et de la culture populaire dans l'archipel.

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Sans-abris à Ôsaka, avril 2012 (DR/Mathieu Gaulèn

 

 

 

 

La « restructuration écologique » ne peut qu’aggraver la crise du système. Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis cent cinquante ans. Si on prolonge la tendance actuelle, le PIB mondial sera multiplié par un facteur trois ou quatre d’ici à l’an 2050. Or selon le rapport du Conseil sur le climat de l’ONU, les émissions de CO2 devront diminuer de 85 % jusqu’à cette date pour limiter le réchauffement climatique à 2°C au maximum. Au-delà de 2°C,  

 

les conséquences seront irréversibles et non maîtrisables.  cf la surface agricole utile (SAU) en danger : Depuis des années, les politiques menées ont conduit à la formation de bulle de prix dans toutes les classes d'actifs. (...) )

 

Prenons le cas d'un extrait de  Cécile Chevré, membre d'un think thank financier et don elle a intitulé son post en date du Mardi 5 mars 2013 "Chroniques émergentes : un smog qui vaut de l'or"


 

Dans cette article, on voit un système à travers la Chine, confronté à une pollution andémique et de plus en plus destructeurs sur la santé, l'environnement et meme l'économie des chinois. Elle est le résultat d'un  capitalisme chinois qui  doit son expansion et sa domination au pouvoir qu’il a pris en l’espace d’un siècle sur la production et la consommation à la fois. A court terme, une classe moyenne qui s'enrichie et veut donc consommer d'avantages ( les joie de l'automobile, du frigo, des loisirs... bref de la consommation de masse. Le résultat est ici un traffic routier intense et pollueur. Face a ces contraintes menaçant son économie et la " paix sociale", " l'ordre social entre dominants et dominé), le régime chinois a décidé de s'attaquer à la pollution par une augmentation des pots catalytique, mais très gourment en palladium ( terre rare, donc limité). Cette augmentation de l'offre sur la demande va amener une hausse des prix propice à la spéculation et à la venue des bélligérants ( Etats, investisseurs institutionnels ou particuliers, mafias...)

 
( Think Thank et " crise" : citoyen actif :"  P58 : Mathieu Rigouste : " Les Marchands de la peur : la bande à Bauer et l'idéologie sécuritaire" : Les thinks thanks sont des appareils de propagande. Financés par des fonds publics, ces entreprises ou des particuliers, ce sont des instituts chargés de promouvoir une idéologie au service d'un groupement d'intérêts, des club chargé de d'influencer le  pouvoir politique et/ou des " populations". Selon Christian Harburot, le directeur de l'Ecole de guerre économique, les thinks thanks " regroupent des patrons, des universitaires, des chercheurs qui réfléchissent ensemble sur un point précis pour atteindre dans le but d'atteindre un objectif" " Think thanks, un conseil made in USA", le journal du management, avril 2004. Think tanks : Un concept "made in USA" - Le Journal du Ne)
 

 

 



 

 

 

 

Cécile Chevré

 

Je suis sûre que vous connaissez ce très célèbre tableau de James Whistler représentant les bords de la Tamise. Le fleuve et les bâtiments qui le bordent sont plongés dans une atmosphère mystérieuse et floue qui donne un aspect poétique au paysage représenté. Pendant longtemps, j'ai admiré ce tableau pour ses couleurs, pour le contraste entre les touches dorées des lumières se reflétant dans l'eau et le bleu-gris qui enveloppe tout le tableau ainsi que pour les petites touches japonisantes apportées par les plantes flottant à la surface de la Tamise.

 

 

Tableau de Whistler

 

 

 

Puis j'ai commencé à voir au-delà de son aspect esthétique. Les formes qui se devinent au fond sont des usines, avec leurs cheminées, l'eau de la Tamise est boueuse et l'atmosphère mystérieuse du tableau était due au célèbre "fog", ce brouillard de charbon qui nappait le Londres du XIXe jusque dans les années 60-70. En 1952, le "smog", contraction de smoke (fumée) et de fog (brouillard) fut tellement épais et délétère qu'on estime à plus de 4 000 le nombre de personnes qui en décédèrent.

 

Si aujourd'hui, vous pouvez vous balader sur les bords de la Tamise sans risquer d'ennuis respiratoires, ce n'est pas le cas à Pékin. La ville est connue pour sa pollution – rares sont les photos de touristes qui ne montrent pas la Cité interdite plongée, au mieux, dans un léger brouillard, au pire, dans une véritable purée de pois.

 

Et la situation s'est franchement dégradée ces dernières semaines, à tel point que même les médias officiels, pourtant d'habitude très silencieux sur les problèmes de pollution, s'en sont faits l'écho. Toute la très active blogosphère chinoise s'est emparée du phénomène qui, en janvier dernier, a vu l'explosion du nombre d'hospitalisations liées à des problèmes respiratoires. En cause, une concentration dangereuse et néfaste de microparticules dans l'air de Pékin et de sa région, atteignant parfois plus de 500 µg de particules par mètre cube, alors que le seuil normal autorisé est de 35 µg, et qu'à partir de 100 µg, la pollution de l'air est considérée comme "dangereuse".

 

Le phénomène a pris une telle ampleur que le nuage de pollution s'est étendu au Japon.

Devant la montée des protestations, le gouvernement chinois a décidé de passer à l'action. Première mesure annoncée, l'interdiction des barbecues en ville. Dérisoire, n'est-ce pas ? Car le problème au fond, est que, comme le diabète à un niveau différent, la pollution est une maladie de la croissance. Le développement économique chinois a été fondé sur une production industrielle et manufacturée à bas coût. Or qui dit bas coûts dit absence de contraintes écologiques. Surveillez ses rejets, les traiter, les filtrer, tout cela à un coût... que la Chine ne voulait pas payer. Du moins jusqu'à présent puisque depuis quelques années, Pékin a pris conscience des conséquences sur l'environnement et la santé de son développement économique. Et pas seulement sur la santé de ses concitoyens mais aussi sur son image de marque. C'est un mouvement qui a pris de l'ampleur avec l'exposition universelle puis les Jeux olympiques, la Chine veut donner une image positive au reste du monde.

 

Cela passe par revoir l'hygiène dans les lieux publics pour les adapter aux normes occidentales (pendant les Jeux, la police patrouillait pour empêcher les crachats intempestifs et une loi récente vient de fixer à 1 le nombre de mouche autorisée dans les toilettes publiques, les restaurants ou les hôtels) mais aussi par la lutte contre la pollution.

 

Un combat qui s'avère compliqué... car il doit être mené sur tous les fronts. Premier d'entre eux, une voiture plus propre.

 

Voiture plus verte...
La pollution actuelle est en grande partie due aux dizaines de millions de véhicules (automobiles, camions, deux-roues) qui sillonnent les routes de l'empire du Milieu. Il y a quelques années, le pays est devenu le premier consommateur d'automobiles devant les Etats-Unis. Chaque année, c'est 20 millions d'automobiles qui sont achetées dans le pays. Un chiffre qui devrait atteindre les 30 millions d'ici à 2020.

 

extrait : "Selon un article de l'Associated Press, les systèmes de contrôle des émissions peuvent gonfler le prix d'un camion ou d'un gros générateur -- lui rajoutant jusqu'à 3 200 $. Selon John Zeng, de la société de recherches LMC Automotive Ltd., 'ce n'est pas un problème de technologie. Cela concerne plus les moyens des consommateurs. Augmenter la qualité des émissions augmente aussi largement le coût'".

 

"D'où proviennent ces 3 200 $ supplémentaires ? Ils concernent en grande partie le convertisseur catalytique -- et plus précisément le coût du platine et/ou du palladium qui provoquent les réactions chimiques permettant de réduire significativement les émissions de gaz d'échappement. Sans ces métaux rares, personne ne peut fabriquer de pot catalytique".

 

"Le palladium, en particulier, est sous les feux de la rampe dans la mesure où c'est le métal de choix pour les pots catalytiques des moteurs diesel. La demande du secteur automobile absorbe actuellement pas moins de 81% de l'offre extraite de palladium -- en hausse par rapport aux 60% d'il y a quelques années seulement".

 

Or la demande en palladium devrait exploser alors que les mesures en faveur de véhicules plus propres se multiplient. En janvier dernier, le maire de Pékin a ainsi promis un renforcement des règles en rigueur qui devraient mettre à la casse plus de 180 000 véhicules, trop vieux, trop polluants.

 

Autre axe de lutte : la qualité des carburants utilisés. Le prix de l'essence et du diesel est réglementé et donc bas, trop bas du moins pour inciter les deux compagnies qui se partagent le monopole du carburants dans l'empire du Milieu à en produire de bonne qualité et donc moins polluants. Un exemple : en Europe, l'essence doit contenir moins de 10 parties par millions (ppm) de soufre ; en Chine, cette limite est fixée à 150 ppm. Mais les règles évoluent : d'ici à 2017, essence et diesel devront contenir moins de 10 ppm de soufre. Une évolution qui aura un coût pour les entreprises productrices de carburant... qui seront répercutés sur les prix à la pompe.

 

... et énergies vertes
Les voitures et autres camions ne sont pas les seuls responsables de la pollution chinoise : les énormes besoins énergétiques du pays, de ses infrastructures, de ses industries, de ses habitants expliquent aussi que la Chine se soit transformée en un des plus gros pollueurs de la planète.

 

Les centrales pullulent – dont la plupart sont au charbon. En 10 ans, la consommation chinoise de charbon a doublé, ce qui n'a rien arrangé à la qualité de l'air. La Chine investit donc lourdement dans les énergies renouvelables : plus de 67 milliards de dollars en 2012, soit 20% de plus qu'en 2011 – et loin devant les Etats-Unis qui n'ont dépensé "que" 44 milliards de dollars dans ce secteur.

 

Les objectifs de Pékin sont ambitieux – comme toujours. La production d'énergie solaire doit augmenter de 67% d'ici à 2017, pour atteindre une capacité de 35 gigawatts, soit environ la moitié de la capacité nucléaire française. Même chose pour le nucléaire puisque d'ici à 2017 toujours, 130 GW supplémentaires devraient être construits.

 

 


 

Grâce au palladium. Nous l'avons vu, la demande devrait exploser alors que le palladium est un composant essentiel des pots catalytiques utilisés sur les moteurs diesels, les plus répandus en Chine.

 

"Le cours du palladium suit de très près la demande des catalyseurs automobiles. En 2000, par exemple, quand la demande de catalyseurs consommait plus de 100% de l'offre extraite (les stocks permettaient de combler le manque), les prix du palladium ont dépassé les 1 000 $ l'once", expliquait Byron King. Aujourd'hui, le palladium cote un peu plus de 720 $ mais pourrait rapidement se reprendre.

 

Car côté offre, ce n'est pas pléthorique. L'Afrique du Sud, grand producteur de platinoïdes, a vu sa production 2012 limitée par les mouvements de grèves. Ceux-ci ont abouti à d'importantes hausses de salaire, qui vont peser sur les coûts de production. Quant au premier producteur mondial de palladium, la Russie, sa production est en baisse constante depuis plusieurs années – conséquence probable d'un épuisement progressif des stocks.

 

Dans Matières à Profits, Florent Detroy a décidé de profiter de la hausse de la demande en pots catalytiques, et donc en palladium, en misant sur une minière qui possède de nombreux atouts :
- des coûts de production parmi les plus bas du secteur, en dessous des 500 $ l'once
- une situation géographique en dehors des risques géopolitiques, puisque ses mines sont situées aux Etats-Unis

 


- des réserves prouvées de 20 millions d'once, qui devraient assurer une production pour les 35 à 40 prochaines années

 

 

 

 

 

 

Conclusion :

 

 

La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d’autres rapports sociaux. En leur absence, l’effondrement ne pourrait être évité qu’à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d’une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra et sur la cadence à laquelle elle va s’opérer. 

 

Mais les bélligérants responsables, ne partirons pas d'eux meme, mais par la prise de conscience et l'organisation des peuples aux niveaux local, régional, national et/ ou international



11/05/2013
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